Eugénie Grandet

Eugénie Grandet

 

" Il lui avait plus surgi d'idées en un quart d'heure qu'elle n'en avait eu depuis qu'elle était au monde ".

Auteur: Honoré de Balzac
Edition: Le livre de poche
Nombre de pages: 306

 

" Tout est grand dans ce célèbre roman, sans que rien ne bouge. Eugénie est une sorte de sainte selon l'homme, toujours fidèle à une même pensée, mais toute naturelle. [...] Eugénie est le premier personnage de ce drame d'amour [...] En Grandet, ce rocheux Grandet, il y a une source de tendresse émouvante, quand il se cache pour voir sa fille à la toilette. [...] Au rebours on trouvera dans Eugénie tous les stratagèmes du coeur, et un vrai courage à affronter le terrible homme aux gants de cuir. On a tout dit sur Grandet. On a moins remarqué ce mot de reine, lorsque Eugénie se trouve maîtresse d'une immense fortune et assiégée d'intrigues. Elle répond : « Nous verrons cela» comme son père faisait. [...] Ainsi l'âme de Grandet finit par être sauvée. Balzac laboure la terre ".

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Mon avis:

Eugénie Grandet n'est pas une découverte pour moi car j'avais étudié quelques extraits en classe de quatrième, au collège. Mais quelle grande surprise de redécouvrir ce roman quatre ans après ma première lecture. Je ne m'en souvenais que très vaguement, quelques petites surprises ont donc pu surgir de ma lecture. J'aime beaucoup l'écriture de Balzac (comme beaucoup d'autres auteurs du XIXème que j'apprécie). Les descriptions sont très agréables à lire. Elles se font de manière très ordonnée. Les personnages sont décrits tour à tour: Nanon, Madame Grandet, Monsieur Grandet, Eugénie etc... L'auteur revient rarement sur ces descriptions initiales sauf pour donner d'autres éléments permettant l'avancée du roman. La description de la maison m'a également plu. J'aime me faire l'idée des lieux, de sentir comme si je connaissais et pouvoir donc passer d'une pièce à une autre en sachant ce que l'on va y trouver.
Le roman est assez court en lui même car il y a de nombreuses notes en fin de pages et un dossier à la fin. J'ai aimé lire chacune de ces notes et quelques points dans le dossier qui permettent au lecteur d'aggrandir sa culture sur le moment de l'histoire et ainsi de connaître le contexte du roman. On y trouve, notamment, la condition de l'Homme du XIXème siècle, les moeurs de l'époque avec l'Eglise et la politique. L'avarisme de Monsieur Grandet m'a donné une nouvelle vision de ce défaut que je ne connaissais surtout par l'Avare de Molière. Ici, Balzac insiste bien sur cet aspect du personnage. Quelques répliques m'ont même fait rire et d'autres ont engendré une véritable révolte envers ce personnage. J'ai d'ailleurs noté: "Il s'occupe plus des morts que de son argent ". Cette phrase prononcé par Monsieur Grandet montre bien à quel point il aime son argent. Tout ce qu'il fait se réfère à cela. Il prend même la santé de sa femme au sérieux par rapport à l'argent. C'était un épisode qui m'a vraiment énervé dans ce roman. Comment peut-on se préoccuper de son épouse seulement lorsque notre "argent est mis en danger"?
Ensuite, l'histoire d'Eugénie a vraiment été poignante. Au début du roman, on ne se préoccupe pas d'elle car elle joue un rôle assez secondaire, mais par la suite, elle prend beaucoup plus d'importance et d'assurance. J'ai aimé savourer cette évolution d'un personnage régie par la peur depuis son enfance. On voit bien que les trois femmes de la maison ne veulent rien faire qui contrarirait Monsieur Grandet. Mais Eugénie change et devient plus mature jusqu'à se mettre en travers de la route de son père. Si vous choisissez de lire ce livre pour une histoire d'amour, je vous le déconseille car il s'agit d'un point évoqué dans le roman mais qui n'est pas vraiment développé. L'amour permet à Eugénie de s'accrocher à quelque chose afin de trouver un but à sa vie mais les épisodes romantiques ne sont pas nombreux.

Voilà les principaux points positifs que j'ai pu relever de ce roman. Pour les points négatifs, je dirai que le début était assez long mais il ne m'a pas vraiment dérangé car j'aime en apprendre plus sur cette époque qui me fascine. Mais il est vrai que le personnage qui devrait être central n'apparaît que beaucoup plus tard dans le roman. Et pour finir, la finance... Là j'avoue que parfois j'ai laché prise. Je ne me sentais pas du tout à l'aise avec tout ces chiffres, ces placements et la conversion des monnaies. Pour ma part, cela ne m'a pas posé de problèmes à la compréhension de l'histoire. Il faut juste voir l'ampleur que gagnent l'argent et l'or au fil des pages.
Ce roman n'est pas un coup de coeur, mais il a bien failli en être un. Je conseille ce roman à toute personne qui aimerai avoir un aperçu d'une famille modeste du XIXème siècle et l'évolution surprenante d'un personnage féminin.