Hygiène de l'assassin

Hyg-de-l'assassin

" Les avocats invoquent une enfance malheureuse comme circonstance atténuante. En sondant votre passé, je me suis rendue compte qu'une enfance trop heureuse pouvait elle aussi servir de circonstance atténuante. "

Auteur: Amélie Nothomb
Edition: Le livre de poche
Nombre de pages: 222

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistees du monde entier sollicitent des interview de l'écrivain, que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. Le cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu.

b07k8us8Mon avis
Oui, encore un Nothomb et je ne m'en lasserai jamais. Ce roman est le premier qui fût publié par Amélie Nothomb. Son niveau d'écriture a vraiment évolué pendant tout ce temps et je dois dire que je préfère ce qu'elle écrit depuis Stupeur et tremblements. L'histoire se passe chez Prétextat Tach mais grâce aux dialogues nous visitons plusieurs lieux de son enfance. J'ai eu du mal à m'habituer au fait qu'il n'y ait que très peu de narration et que les descriptions du passé se font grâce à ce que raconte Prétextat. Ce personnage me parait vraiment très étrange. Au début du roman, nous avons face à nous un écrivain vieux, obèse et sur le point de mourir. On a l'impression qu'il s'est tellement ennuyé dans sa vie que maintenant qu'il se passe un peu plus d'action, il joue avec les journalistes. Joue-t-il seulement avec les quatre premiers ou aussi avec le dernier? Voilà la question qui m'est venu à la fin de ma lecture. On se dit "Ce mec est un vrai malade". Le dernier journaliste représente tout ce que Prétextat déteste. Néanmoins, il va lui parler et se soumettra à ses volontés.
Il se dégage une atmosphère très étrange dans ce livre. Parfois, je me sentais comme cloîtrée, bloquée dans la maison de Prétextat. Les journalistes doivent s'habituer à l'obscurité pendant leur entretient avec l'écrivain. Mais personnellement, je n'ai pas réussi à m'y habituer. C'était comme si il me manquait de l'air. C'est donc un avis mitigé que me laisse ce premier roman d'Amélie Nothomb. Peut-être parce-qu'elle s'est amélioré au fil du temps.
Quoiqu'il en soit, Prétextat est un être infame, un misogyne, quelqu'un complexé et troublé par son dernier roman inachevé. Il n'ose pas dire ce qu'il ressent. On voit ici que l'habit ne fait pas le moine comme dans Le voyage d'hiver où l'écrivain n'est pas du tout quelqu'un de "normal". La différence entre les premiers journalistes et le dernier est frappante. Les premiers posent des questions assez superflus, dignes des articles de tabloïd.  Ils ne pensent qu'à pondre un papier sur le Prétextat Tach laid, obèse et imberbe; non pas sur l'écrivain.Mais le dernier arrive à le questionner plus en profondeur, sur son passé, le fait que son dernier roman est en fait autobiographique etc...
J'ai cru comprendre qu'il y avait eu une adaptation cinématographique. Je vais m'empresser de la trouver et je mettrai mon avis à la suite.